Maintenant sur Tumblr !

Rendez-vous Extraordinaire est à présent sur Tumblr !
Son format semble plus approprié que celui d’un blog ordinaire. Pour ceux d’entre vous allergique au micro-blogging, pas de soucis ! Je continuerais de poster ici, en particulier les textes plus longs et les travaux personnels. Les deux sites sont pensés pour être en relation.

Golden Age of Insect Aviation: The Great Grasshoppers from Wayne Unten on Vimeo.

Lundi animation : The Doodle Project

L’animation en elle-même as pas mal de gueule, est marrante et bien barrée, mais connaitre le procédé derrière est essentiel :

Doodle project. Original sketches next to the artist's drawing it inspired.

 

L’artiste Dante Zaballa, proche de Pictoplasma a produit les 216 images d’une animation simple (bien que elle-même assez dingue et certainement bien faite) et qui se boucle. A ensuite confié à 62 artistes à travers le monde une fraction des images de l’animation chacun en leur demandant de les redessiner dans leurs propre style avec leurs propres personnages. Puis demandé à 14 musiciens de chacun créer un morceau pour accompagner une boucle d’animation.
Le résultat ressemble à quelque-chose produit par un scanner lisant les processus cognitifs d’une I.A. cybernétique reliée à un inconscient collectif.

The Doodle project

A propos du rapport poids/taille des autres humains dans « Troisième Humanité » (Bernard Werber)

Petite remarque au sujet d’une petite anomalie trouvée dans le dernier Bernard Werber en date, Troisième Humanité, dont la suite sort cet octobre. Pas de spoilers, toutes les infos que je divulgue sont visible en quatrième de couverture.
Ok, vérification faite, non. Pas sur la première édition en tout cas. Mais si vous avez entendu ou lu une interview à propos de ce livre ou du suivant vous le savez forcément, c’est vraiment la prémisse de base du bouquin.
La quatrième de couv’ dit :
« Nous sommes à l’ère de la deuxième humanité. Il y en a eut une avant. Il y en aura une … après. »
Et très vite dans le livre on découvre que *poum* les premiers humains étaient des géants et la prochaine humanité qui se dessine semble être destinée à être composée de lilliputiens.
David et Aurore sont les protagonistes principaux du livre (avec Gaïa, l’esprit de la terre elle-même), ce sont des chercheurs qui découvrent peu à peu l’existence passée et future probable de ces autres humanités. En page 332, ils font le bilan et dressent un tableau récapitulatif de leurs découvertes.

C’est là que s’est glissée la bizarrerie.

Dessin d'un géant de la première humanité inspiré par le roman

Représentation à l’échelle

Constatant que les premiers humains mesuraient à l’âge adulte environs 17 mètres de haut (une taille très impressionnante ! Par comparaison le brachiosaure -un des plus grand dinosaures sauropodes- ne s’élevait qu’à 9 mètres de haut pour 25 mètres de long.) c’est à dire dix fois la hauteur d’un être humain actuel.

Et constatant qu’ils étaient proportionnés de la même manière. Ils en déduisent qu’ils devaient peser 10 fois plus.
Soit : 700 kilos, si on suppose qu’un humain mâle adulte pèse environs 70 kilos.
Il est étrange qu’un résultat aussi réduit ne les aient pas surpris : un éléphant d’Afrique, d’une malheureuse hauteur de 3,5 mètre au garrot pèse dans les six tonnes !

graphique comparant la taille d'un humain à celles des plus grands sauropodes connus

à titre de comparaison …

Dessin représentant une Homo Metamorphosis assise dans une main

Le calcul est le même pour les micro-humains. Leur taille est extrapolée à 17 cm à l’âge adulte, soit dix fois moins qu’un humain moyen.
Ils supposent donc qu’il devront peser dix fois moins, soit 7 kilos.
Cette fois-ci, les protagonistes se disent quand même que ça fait un peu beaucoup (rien d’étonnant, quand on sait qu’un bébé à la naissance pèse deux fois moins -dans les 3kg200- pour 50cm !) et rectifient, on suppose un peu au pif, pour placer le poids supposé à 2 kg.

L’équipe de chercheurs, pris par l’enthousiasme, devait avoir abusé du champagne !
Car en effet dans les deux cas ils ont fait une petite erreur de calcul : ils ont oublié qu’un être humain est en trois dimensions ! Quand on augmente la longueur (une dimension) d’un objet de x, on augmente sa surface (deux dimensions) de x² (c’est pour cela qu’une surface se calcule en m²) et au augmente son volume (trois dimension) de x^3 (l’unité de volume est d’ailleurs le mètre cube).

Le poids étant déterminé par le volume, il convient donc de calculer comme ceci : Un être humain dix fois plus grand a donc une surface cent fois plus importante et donc un poids mille fois plus grand. L’humain mâle moyen de la première humanité devait donc peser dans les 70 tonnes (à peu près autant qu’un dinosaure sauropode, mais toujours deux fois moins qu’une baleine bleue).
Même calcul pour l’homo metamorphosis: pour une réduction de taille par dix, la surface diminue par cent et le poids par mille. Un micro-humain adulte doit donc peser 70 grammes.
On peut également en déduire qu’ils mangent probablement mille fois moins.

Anecdote amusante :
Le Gulliver de Swift rapporte que les liliputiens, constatant qu’il était douze fois plus grand qu’eux, ont effectués les mêmes calculs en leurs temps :
« Sa Majesté, ayant pris la hauteur de mon corps par le moyen d’un quart de cercle, et supputé sa grosseur, et le trouvant, par rapport au leur, comme dix-huit cent soixante-quatorze sont à un, ils avaient inféré de la similarité de leur corps que je devais avoir un appétit dix-huit cent soixante-quatorze fois plus grand que le leur ; d’où le lecteur peut juger de l’esprit admirable de ce peuple, et de l’économie sage, exacte et clairvoyante de leur empereur. »

Gravure originale des Voyages de Gulliver représentant l'empereur des liliputiens à côté de la tête de Gullivers enchainé

Il y a beaucoup d’autres implications de cette histoire d’échelle. Le volume augmentant plus rapidement que la surface, cela signifie que la surface de contact avec l’air est proportionnellement plus réduite. Donc que l’homo gigantis évacuait beaucoup plus difficilement la chaleur. Potentiellement un vrai problème, mais qui peut se révéler pratique éventuellement.
De la même façon, les micro-humains refroidissent beaucoup plus vite.
Et puis il y a toutes les histoires du type résistance des matériaux :
La solidité des os et des tendons, la puissance des muscles etc … augmentent et diminuent en fonction de leurs épaisseur [ie: au carré] là où la masse qu’ils supportent augmente au cube.

dessin de micro-humains faisant la démonstration de leur force relative

Donc en supposant que les humains futurs aient des fibres musculaires aussi puissantes que les nôtres, cela suppose qu’ils puissent porter (si l’on suppose qu’un humain adulte sans aucun entrainement porte aisément une trentaine de kilos) non pas 30 grammes (mille fois moins) mais 300 grammes (100 fois moins). C’est à dire environs 4 fois leurs propre poids !

Un peu comme les insectes, qui portent aisément plusieurs dizaines de fois leur propre poids pour exactement les mêmes raisons.
Je rappelle que le record olympique d’haltérophilie tout catégorie pour l’épaulé-jeté est de 263kg pour les humains. A l’échelle homo métamorphosis ça nous donnerait 2kg6 pour le champion olympique de la troisième humanité, soit la capacité de soulever 37 émach adultes !

Pour les premiers humains, en revanche, c’est un vrai problème. Quand les paléontologues d’aujourd’hui en sont encore à se demander comment le brachiosaure arrivait à avoir un cœur assez puissant pour pomper le sang jusqu’à sa tête (pourtant de taille réduite) 9 mètres au dessus du sol, au point qu’on a même supposé qu’il en avait peut-être un second quelque-part à mi-chemin [il est vrai que je ne suis pas à la page en paléontologie. Peut-être que la question est résolue à présent ?] et qu’on voit les jambes épaisses comme des troncs d’arbres nécessaires à supporter son poids sur quatre pattes, on voit bien qu’un être mesurant 17 mètres, se tenant sur deux jambes et surplombé par une tête surdimensionnée comme la nôtre, mobilisant 15% du flux sanguin à elle seule pose des problèmes bio-mécaniques assez insolubles. Il faut supposer qu’ils devaient avoir une structure osseuse proportionnellement beaucoup (dans l’idéal, dix fois) plus solide et des fibres musculaires dix fois plus puissantes -et à poids égal- que celles des homo sapiens. Ou qu’ils étaient proportionnés différemment. Ou qu’ils étaient des créatures principalement marines.dessin de Homo gigantis nageant avec une baleine
Tiens voilà une idée marrante ! Ça pourrait permettre de reconnecter cette première humanité à la théorie du singe aquatique.
Autre idée rigolote, comme ça, pour une suite : Un chercheur retrouve l’ADN des premiers humains sur un corps préservé dans la glace comme celui au début du roman, s’en sert pour créer une nouvelle humanité hybride qui fasse la taille d’homo sapiens mais avec les tendons, muscles et os de l’homo gigantis et auraient une force et une résistance de super-héros.

Superman from action comics 1 lifting a car

Une Plymouth Deluxe de 1937 pèse 1250 kg. Divisé par dix ça nous donne un poids honorable mais tout à fait supportable pour un athlète entraîné. Un humain disposant des muscles et des os d’un homo gigantis aurait donc une force comparable à celle du Superman d’Action Comics 1

On aurait l’affrontement entre deux visions d’une future humanité : le surhomme, qui poursuit le dépassement par la force individuelle; et le lilliputien, qui vise la force par la complémentarité. Superman contre les Schtroumpfs.

Le monstre de Flatwoods : l’invasion secrète a déjà commencée

Dans la foulée de l’article précédent au sujet des créatures issues de récits de rencontres rapprochées, aujourd’hui lumière sur l’une d’entre elle, particulièrement intéressante du point de vu de son importance culturelle :
Le monstre de Flatwoods.

Les témoignages

Il tire son origine d’un récit de rencontre rapprochée [c'est à dire le témoignage d'un ou plusieurs personne ayant aperçu une créature dans le cadre d'une observation d'ovni.] tout à fait remarquable mais au déroulement relativement classique :
C’est le soir; Un groupe de personne (ici : deux ados, leurs mère et un jeune homme de la garde nationale) aperçoit un ovni; Va voir ce qui se passe; Un chien sens une présence inhabituelle; Apparaît la créature; Les témoins s’enfuient de terreur; Encore sous le choc ils font une déposition à la police; Une battue est organisée sur les lieux par la suite mais ne trouvent pas la créature et aucune trace probante.

On est en septembre 1952, dans les premières années du phénomène ovni tel que nous le connaissons (dont on peut placer le commencement avec l’observation de Kenneth Arnold et l’invention du mot « soucoupe volante » en 1947) et trois ans avant l’affaire Kelly-Hopkinsville dont le déroulement est assez similaire. L’été 1952 aux Etats-Unis est aussi le cadre d’une des plus immense vague de témoignages d’ovnis jamais recensée, dont pas mal resterons dans l’histoire (comme le survol de Washington en juillet).

Aucun besoin de s’étendre sur les différentes hypothèses et explications ni sur les détails des éléments probants ou non. Ce qui nous intéresse ici ce n’est pas la réalité ou la nature de ce qui a été à l’origine de l’observation, mais uniquement sa résonance culturelle.

Entrons maintenant dans le vif du sujet.
Un photomontage représentant la créature est fait par un certain Gray Roscoe Barker, aspirant reporter, qui deviendra par la suite un nom important de l’ufologie.

Barker's representation of the Flatwoods monster for Fate 1953

Photomontage inspiré par les descriptions de la créature.
Barker, G. R.: « The Monster and the Saucer », Fate, 1953

 Les témoins décrivent un être de forme vaguement humanoïde. D’une taille impressionnante (3 mètres 50 de haut). Une face rouge, ronde, dotée de deux « yeux » luisants d’une lumière verte (certains parlent même de rayons lumineux) dans une sorte de capuche ou peut-être une enveloppe translucide pointue comme un as de pique. Le tout surplombant un corps conique, vert et plissé comme du tissus. La créature se dirige vers eux de façon totalement fluide malgré le terrain accidenté et ils supposent donc qu’elle flottait. Clairement, le récit diffère de l’illustration qui en est inspirée. Et cette différence s’accroît dés que l’on commence à entrer dans le détail des témoignages.
D’abord Fred May, un des enfants, insiste sur le fait que c’était d’apparence artificiel et pas un être de chair. « Peut-être qu’à l’intérieur il pouvait y avoir quelque chose qui était vivant, mais ce que j’ai vu était soit un vaisseau spatial, soit une sorte de combinaison. »
Ensuite Kathleen May, sa mère : « Il n’avait pas de bras. Le dessin a montré des bras, mais il n’en avait pas. Cela avait plutôt l’air d’antennes qui en sortaient, entre le corps et la tête. »
Les témoins parlent également d’une odeur métallique épouvantable, qui les auraient rendus malade et qui a été également constatée par les personnes venues en renforts par la suite. Ils rapportent aussi que des sortes de vapeurs opaques étaient émises par la base conique de la créature, ainsi qu’une substance huileuse.
D’autres représentations ont été tentées par la suite, essayant de coller plus fidèlement au récit. Mais à l’évidence on est là face à une vision qui défie notre capacité à en produire une figuration exacte.

Representation of the Flatwoods Monster encounter according to the witnesses. Mechanical creature in the woods projecting light beams from it's eyes.

Illustration de couverture pour le livre « The Braxton Monster », par Frank C. Feschino, Jr.

C’est là que commence sa seconde vie.

La transmissions dans la culture visuelle

Dans les décennies qui suivirent, le monstre de Flatwoods entra dans le bestiaire du paranormal nord-américain; Très nettement parmi les moins connues, aux côtés de l’Homme-Phalène (Mothman) et du Chupacabra et bien loin de la célébrité des icônes comme le Bigfoot/Sasquach ou le petit gris (mais sans être non plus une référence totalement obscure, comme Momo le monstre du Missouri).
Ce sera sa première représentation, celle de Barker, qui fixera durablement l’image de la créature dans l’imaginaire collectif : être dont on ne distingue pas bien où s’arrête les habillements et où commence le corps, doté de bras mince aux doigts crochus et à la tête surplombée d’une capuche.

Flatwoods monster vinyl figurine

Flatwoods Monster Handpaint by Kazumitsu Akamatsu (Marmit)

drawing of the Flatwoods monster

Flatwoods Monster by Monster-Man-08 on Deviant Art

L’histoire du monstre prend à nouveau un tour étonnant lorsque sa notoriété franchira le Pacifique. Il sera surnommé au japon 3Mの宇宙人 (« L’extra-terrestre de trois mètres ») et aura là-bas un impact culturel bien plus profond que dans son pays d’origine.

Le nom à lui seul, mérite qu’on s’y attarde. Il est spécifique au Japon et d’une nomenclature inhabituelle mais néanmoins employé avec une certaine constance.
D’une manière générale, les apparitions de rencontres rapprochées sont généralement désignées par le nom de l’endroit où elles ont été observées (comme la créature de Paciencia ou celles de Varginha); occasionnellement elles sont baptisées en fonction de leur apparence (l’homme-phalène); ou, plus fréquemment, les deux (le géant de Voronezh, les cerveaux de Palos Verdes). Comme on pouvait s’en douter, ce surnom « l’Extraterrestre de 3 Mètres » est attribuable à une source première, unique. C’est l’écrivain et ufologue Nanshan Hiroshi qui en fut à l’origine et en répandis l’usage en même temps qu’il popularisa l’image de la créature, dans un livre puis une émission télévisée diffusés dans les années 70 alors que les ovnis connaissaient un immense gain d’intérêt dans le pays.
Toute une génération d’enfants fut ainsi durablement influencée et conserva l’usage du nom. Mais pas seulement. C’est aussi tout une imagerie qui fit ainsi son chemin. Non pas l’imagerie ufologique mais, plus précisément, l’imagerie ufologique de Nanshan Hiroshi.
Finalement, l’approche mémétique de la culture n’est pas très différente de l’analyse génétique de la généalogie : on identifie un élément (un mème ou un gène) qui varie peu et on regarde par où il est passé.
Et l’Extraterrestre de 3 Mètres -c’est à dire la représentation transmise par Nanshan Hiroshi, inspirée par l’illustration de Gray Roscoe Barker -et donc différent de la vision des témoins- devint au Japon le synonyme visuel pour « extraterrestre paranormal » un peu comme le deviendra le « petit gris » en occident bien plus tard.
Voici une liste des apparitions notables du Monstre de Flatwoods dans la pop-culture japonaise. [tout du moins, toutes celles que j'ai pu retrouver]

Les apparitions de l’Extraterrestre de 3 Mètres

On le retrouve beaucoup dans les jeux vidéos.
D’abord dans le jeu Amagon, en 1988, comme « boss final ».
Flatwoods monster, final boss of the game Amagon

Puis comme boss du niveau 2 dans Space Harrier, toujours en 1988
Flatwoods monster as the boss in Space Harrier

C’est à nouveau un boss de fin de jeu dans Tumblepop, jeu d’arcade de 1991
Flatwoods monster as the boss of the space level in the arcade game tumblepop

C’est un type récurrent d’ennemi dans la série Wild ArmsTwo flatwoods monsters as hayokonton enemies in the Wild Arms games

Ils sont étrangement appelés « hayokonton ».

Il faut cette fois-ci les secourir, dans le jeu UFO a day in life de 1999
Ils y sont explicitement référencés sous le nom de « Flatwoods ».

Dans Zelda Le Masque de Majora sortis en 2000, le héros Link doit, dans un mini-jeu assez angoissant, leurs empêcher d’accomplir ce qui semble un mélange de scénario d’abduction, de mutilation de bétail et de l’affaire Kelly-Hopkinsville.
Flatwoods monster as

A noter : les créatures ont leurs propre thème musical, avec des accents imitant les Ondes Martenot stéréotypique des films de Science-Fiction des années 50.

Enfin, Dr Weil, le adversaire récurrent de la série Mega Man Zero (2002) aurait un design inspiré par la créature.

Concept art of Dr Weil main antagonist of the Mega Man Zero video game serie

« Aurait ». Mais c’est discutable.

On en retrouve quelques références dans l’animation, mais plus difficile à pister. La liste est donc assez courte.

En 1995, dans la série animée Neon Genesis Evangelion le « 5ème ange » Shamshel est lui-aussi inspiré par le monstre de Flatwoods, de façon distante.
Artwork of Shamshel the 5th angel from neon genesis evangelion

Son créateur, Yoshitoh Asari, prend une large liberté vis à vis de l’image de base mais en gardant les quelques éléments de forme les plus bizarres ce qui conduit au final à une créature étonnamment inventive et singulière.
Elle ne détonne pourtant pas vis à vis du reste de la séries dont les monstres brillent par une originalité et une élégance presque sans égal dans la décennie. [A noter que l'animé Gunbusterméconnu et pourtant très réussi, sorti quelques années plus tôt en 1988 et produit par le même studio, la Gainax, compte lui aussi un bestiaire remarquable, d'une conception incroyablement inventive et esthétiquement audacieuse absolument saisissante. Il faudra revenir dessus à une autre occasion.]

3D Concept art of Shamshel the 5th Angel for rebuild of Evangelion

Pour « Rebuild of Evangelion », la reprise de la série, Shamshel connu quelques transformations mais son apparence générale resta similaire.

Le manga humoristique Sergent Keroro compte également une référence directe à l’Extraterrestre de Trois Mètres, sous la forme d’un personnage, un extraterrestre, appelé précisément 3M.
Sans surprises, puisque le manga et l’animé fourmillent de références, parfois tout à fait pointues, à l’histoire de l’ufologie et du paranormal.

Artwork of 3M the alien from the manga Sergeant Keroro

Il fait également une apparition dans l’animé Shin-Shan et le manga Mudazumo Naki Kaikaku[Mais je ne suis pas parvenu à trouver de références visuelles pour le corroborer]

Quelques mots pour finir

L’image de la créature de Flatwoods a laissé de côté énormément d’éléments faisant partie de l’affaire d’origine. Donc beaucoup de matière pour de futurs développements. En s’appuyant sur la description faite par les témoins par exemple.
Il existe aussi une affaire connexe, sensée s’être produite le lendemain et toujours à Flatwoods mais qui fut rapportée des années plus tard : Un couple en voiture sur une route traversant les bois aperçoit une créature semblant léviter, dont le corps en dessous de la taille correspond à la description des autres témoins mais possédant un torse, une tête et des bras vivants et « reptiliens ». Certains chercheurs se sont donc empressés de faire le rapprochement et supposer que la seconde créature n’est autre que la première ayant enlevée la partie supérieure de sa (sorte de) combinaison. Dans un jeu vidéo ça pourrait correspondre à la deuxième forme d’un adversaire de fin de niveau, après être venu à bout de sa première couche d’armure.

drawing of the Flatwoods lizardman, second Flatwoods creature

Pour ceux qui ont envie de se faire peur, maintenant : Il y a encore en ce moment de nombreux témoignages rapportant avoir vu des êtres similaires. Au Mexique. Là-bas ils les surnomment des « Brujas » -des sorcières- et elles ont même été filmées…

Ni petits gris ni petits hommes verts

Illustrations de créatures décrites lors de rencontre rapprochées issues d’un magasine japonnais de 1975. La double distance, culturelle et temporelle, permet d’apprécier à quel points il s’agit là d’un imaginaire (« imaginaire » dans son sens strict : « représentation » « image mentale ») à la fois comportant de visibles emprunts à celui de la science-fiction et en même temps très nettement distinct de lui. On constate aussi à quel point il s’agit d’un univers visuel riche et aux possibilités d’interprétations loin d’être épuisées.

Vintage Japanese representation of aliens from close encouter

vintage representations of aliens witnessed in close encounter of the third kind

The End Of The World, nouvelle version

Si vous aimez l’animation image par image, la naïveté des films muets de science-fiction, les représentations de dinosaures grossièrement inexactes et obsolètes, Willis O’Brian, Georges Méliès, Conan Doyle et Jules Verne, installez vous sur vos sièges, ajustez vos nœud-papillons et enfilez vos guêtres, vos chapeau-cloche et vos long colliers de perles :

Le (brillant) Morgann Gicquel viens de finaliser la post-production et enfin mettre en ligne la version révisée de The End Of The World !

Bande son nouvelle et originale par Sebastian Ferreira, montage plus efficace, intertitres entièrement refaits …
Et de nouveaux effets spéciaux, créés grâce à votre serviteur ! (entre autre. C’est un travail d’équipe.)

Bonne séance !



Lundi animation : Gloam

Créé par David Elwell & Gareth Hughes. La ballade calme d’une curieuse créature des bois.

J’aime qu’ils n’aient pas cédés à la pression de remplir le film avec une intrigue ou des péripéties. Ne se focaliser que sur le vrai sujet : la créature. L’affection pure et sans fard pour la créature.

Même si je dois l’admettre, mon coup de coeur tiens beaucoup au fait qu’elle a un petit air de famille avec la version du Sasquatch que j’ai réalisé pour l’exposition « missing link » de Pictoplasma.

Lundi animation : Azúl

Ballade dans une ambiance suspendue. L’histoire de quelqu’un à sa façon pas à sa place, perdu dans un lieu dont il se passionne à sa façon.

J’aime l’imagerie inhabituelle qui est convoquée ici. Sa poésie. Et l’énorme travail de documentation visuelle qu’on devine derrière.
Créé par Rémy Busson, Francis Canitrot, Aurélien Duhayon, Sébastien Iglesias, Maxence Martin et Paùl Monge, de Supinfo com.