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Lundi animation : The Doodle Project

L’animation en elle-même as pas mal de gueule, est marrante et bien barrée, mais connaitre le procédé derrière est essentiel :

Doodle project. Original sketches next to the artist's drawing it inspired.

 

L’artiste Dante Zaballa, proche de Pictoplasma a produit les 216 images d’une animation simple (bien que elle-même assez dingue et certainement bien faite) et qui se boucle. A ensuite confié à 62 artistes à travers le monde une fraction des images de l’animation chacun en leur demandant de les redessiner dans leurs propre style avec leurs propres personnages. Puis demandé à 14 musiciens de chacun créer un morceau pour accompagner une boucle d’animation.
Le résultat ressemble à quelque-chose produit par un scanner lisant les processus cognitifs d’une I.A. cybernétique reliée à un inconscient collectif.

The Doodle project

Lundi animation : Gloam

Créé par David Elwell & Gareth Hughes. La ballade calme d’une curieuse créature des bois.

J’aime qu’ils n’aient pas cédés à la pression de remplir le film avec une intrigue ou des péripéties. Ne se focaliser que sur le vrai sujet : la créature. L’affection pure et sans fard pour la créature.

Même si je dois l’admettre, mon coup de coeur tiens beaucoup au fait qu’elle a un petit air de famille avec la version du Sasquatch que j’ai réalisé pour l’exposition « missing link » de Pictoplasma.

Lundi animation : Azúl

Ballade dans une ambiance suspendue. L’histoire de quelqu’un à sa façon pas à sa place, perdu dans un lieu dont il se passionne à sa façon.

J’aime l’imagerie inhabituelle qui est convoquée ici. Sa poésie. Et l’énorme travail de documentation visuelle qu’on devine derrière.
Créé par Rémy Busson, Francis Canitrot, Aurélien Duhayon, Sébastien Iglesias, Maxence Martin et Paùl Monge, de Supinfo com.

« Dust ». Une quête écologique dans un monde post-apo.

Je ne sais absolument rien de ce film à part ce qu’on peut voir dans la bande annonce. Et qu’il a été financé par financement participatif via Kickstarter.

Ça a l’air prometteur et poétique ! J’espère un film à la Mushishi, où les difficultés sont surmontées par le courage et la compréhension plutôt que par la force. La toute fin de la bande annonce n’est pas très bon signe ceci dit .. mais croisons les doigts. On ne sait jamais: Peut-être que la créature cherche quelque-chose dans la poche du mec et qu’elle s’en ira d’elle-même une fois qu’il aura compris ? Et que l’histoire prendra une direction qui n’a rien à voir avec celle du film Pitch Black ?

Parce que -bon sang !- il y a incroyablement peu, voir pas du tout, de problèmes à grande échelle, écologique ou non, qui soient résolu à coup de flingue. Est-ce qu’il ne serait pas temps que la fiction commence à refléter ça ?

Guillermo Del Toro parle de son goût pour les Kaiju

« Il y a quelque-chose de vraiment pur et plein d’affection (nb : pour les créatures), dans les films de monstre. Et plus encore dans les films de Kaiju »
["There is something very pure and very full of love, in monster movies. Even more so in Kaiju movies"]

Vidéo malheureusement pas sous-titrée français.

Et ils les aiment, ses créatures !
Dans une décennie plutôt médiocre niveau monstre (oui, vous m’avez bien lu. Je développerais peut-être dans un prochain poste) -au grand désespoir des amoureux des monstres tel que votre serviteur- ceux de Del Toro se détachaient vraiment du lot, pour leur originalité et leur personnalité.
Bien sûr on pense tout de suite à la faune du Labyrinthe de Pan. Mais déjà du temps de Mimic on pouvait sentir qu’il ne se contentait pas de façonner des monstres juste pour avoir quelque-chose qui tienne le rôle du truc non-humain sur lequel les gentils tirent, fuient et finissent par détruire dans une énorme explosion.
Même si c’est effectivement exactement ce qui arrive dans Mimic.

Pacific Rim ne fait pas exception et ses Kaiju on vraiment de la gueule.
-Au fait, petit moment de pédanterie : « Kaiju » ne veut pas dire « monstre géant ». Comme l’actrice Rinko Kikuchi l’explique dans l’interview ci-dessus, le mot signifie simplement « monstre » (littéralement « bête étrange »). Pour dire « monstre géant » on dit « Daikaiju ». Et pendant qu’on y est, « Jaeger » ne veut pas non plus dire « chasseur » en allemand. A mon avis ça doit être un genre de référence cachée à « Jet Jaguar » (« Jetto Jagã », comme le prononcent les japonnais) le gentil robot géant de Godzilla vs Mégalon.-

D’abord, ils sont très diversifiés. Comme un des protagonistes l’expose dans le film, chaque kaiju est différent et vraiment unique y compris ceux qui n’apparaissent à l’écran qu’une fraction de secondes. Kaiju crabe, kaiju requin, kaiju lézard, kaiju à tête en forme de lame de hache … C’est bourré de références, balancées de façon furtives.
Mais quand même originaux en eux-même; une animation de très bonne qualité; étrangement crédibles (sans rien dévoiler, à un moment du film on a un aperçu furtif de l’endroit d’où ils proviennent. Et Del Toro est parvenu à les placer dans un contexte cohérent. Ce qu’aucun film de Daikaiju -mis à part peut-être The Host- n’était parvenu à réussir de façon vraiment juste)

Seule petite réserve : Presque pas de jeu au niveau des couleurs. On peut supposer qu’ils ont gardés un thème de couleurs constant pour que les monstres gardent une cohérence dans leurs diversité de forme, mais en s’imposant cette direction ils se sont coupés de beaucoup de possibilités créatives et sans que cela soit, au fond, vraiment nécessaire.
Je veux dire : ce sont des monstres, ils sont géants. Avec quoi est-ce qu’on risquait de les confondre ?

Dernière note à propos du film. Il y a quelques années se murmurait l’adaptation prochaine sur grand écran d’un jeu de plateau appelé Monsterpocalypse dans lequel des monstres géants (certains d’entre eux étrangement familiers …) sont lancés contre d’autres monstres géants et des robots. Plus de nouvelles depuis, mais je soupçonne que ça pourrait faire partie de l’inspiration non dite derrière Pacific Rim. Constatant que le jeu n’est pas crédité, il est tout à fait possible qu’ils aient décidés de s’approprier l’idée sans s’embarrasser de rendre à César ce qui est à César. Ça ne serait certainement pas une première pour les cadres d’Hollywood, qui décidément ne déteste les vols de propriété intellectuelle qu’aussi longtemps que ce ne sont pas eux qui les commettent.

L’invasion sous-marine

conquering the volcano

Ça a commencé par l’apparition d’étranges formations géologiques.

magic mushroom

Les autorités envoyèrent rapidement des équipes de scientifique pour enquêter…

toxic eggs

… qui constatèrent bientôt que la formation était de nature biologique et se répandait à une vitesse alarmante !

hermit crab attack !

La situation sortis vite de tout contrôle, semant la panique dans la population civile !

bobbit worm

Des forces armées furent envoyées pour tenter d’endiguer l’invasion, mais en vain !

sewer workers

Plus le moindre recoin caché qui ne soit totalement sûr.

 train inspectors

Mais heureusement, grâce au dialogue, les créatures sous-marines arrivèrent à trouver un accord et gagner suffisamment confiance pour pouvoir vivre en paix aux côtés des envahisseurs lilliputiens. 

Jason Isley est un photographe spécialisé dans la vie sauvage et en particulier la faune océanique. Inexplicablement il a fini par se lasser de prendre des clichés classiques et a eut l’idée de créer ces mises en scènes, en utilisant des miniatures de maquettistes (façon Slinkachu) et grâce à la complicité des créatures habitants les fonds marins.
J’adore !

Petits mondes en Bouteilles

Méduse dans une petite bouteille
Par Akinobu Izumi.
Allez voir sa page Etsy, il y en a un paquet d’autres.

Ce qui me fait penser
Etsy .. Vous ne trouvez pas que c’est merveilleux de vivre à une époque où tout le monde peut avoir accès à de très jolis objets d’arts, abordables, fait main, très créatifs et venant du monde entier ?
Moi, oui.
C’est la démonstration que l’art, tout comme l’émancipation (et en tant que forme d’émancipation), peut être quelque-chose des masses par les masses, plutôt qu’intrinsèquement l’apanage d’une forme d’élite.

Petits paysages laineux d’Islande

« Wooly Sagas« , est un merveilleux hommage rendu à la beauté subtilement étrange des paysages islandais réalisé par Eszter Burghardt, qui est visiblement amoureux de ce pays.
Le travail sur les effets de focal et de perspective forcée est admirable.
Le choix du médium et de l’échelle donne aux œuvres une dimension touchante et intime: Une géologie en peluche

Un diorama de paysage volcanique fait de laine et de beaucoup d'imagination.

Une jolie rivière nordique

Blocs de glace dérivants dans une crique

Rivière bordée de vert

Non à la maltraitance des pokémons !

Dans Pokemon Black and Blue, Pikachu décide de faire volte-face et lutter pour s’émanciper des traitements cruels infligés à lui et aux siens par des dresseurs sans scrupules !

Partout où a été relayé cette initiative de l’association Peta (une association de protection des animaux. Pour dire vite : une sorte d’équivalent américain de la SPA.) c’était toujours pour la critiquer violemment.
Critiques à mon sens injustifiées.
Pourtant c’est pas mal fichu du tout, avec une jouabilité assez au delà de ce qu’on pouvait attendre d’un petit jeu visant simplement à transmettre une opinion.
De plus c’est totalement pétris de références pointues au jeu Pokémon. Typiquement le travail d’un vrai fan du jeu et pas simplement un plaidoyer construit à partir de ouï-dires auxquels les critiques des jeux-vidéos nous ont habitués.
Dans l’ensemble, en plus, ça ne se prend jamais vraiment totalement au sérieux.
A final un de ces exercices de pensée autour d’une icône la pop-culture auquel internet nous a habitué (ie: prendre un élément de la pop-culture, le repenser à partir d’une altération du type « et si ? »), extrapolé à partir de l’idée : « Et si, en fait, on regardaient Pokémon comme ce que c’est, en fait : un jeu mettant en scène des combats d’animaux et dont on a gommé la face sombre et violente ? ».

Ce qui ne veux évidemment pas dire qu’il faudrait réduire Pokémon à un jeu sadique qui devrait être interdit. Il n’y a que les imbéciles de censeurs bouteurs d’autodafé pour échouer de cette façon à constater la subtile ambivalence des œuvres d’art.
En l’occurrence, pour moi, Pokemon est une excellente sensibilisation à l’amour de la nature et des animaux : Passer des heures à rechercher de nouvelles créatures, essayer de les connaitre et comprendre leurs cycles et mode de vie pour compléter sa collection… Tout à fait l’esprit du naturaliste.
D’ailleurs la série donnera naissance sur N64 à un jeu qui fut l’un jeux non-violents les plus créatifs et les plus réussi jamais réalisé : Pokemon Snap.
Où la victoire s’obtient par l’observation d’animaux en liberté plutôt que par leurs captures.
A sleeping Snorlax from Pokemon Snap

Pokémon Noir et bleu, une parodie par PETA