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Lundi animation : Gloam

Créé par David Elwell & Gareth Hughes. La ballade calme d’une curieuse créature des bois.

J’aime qu’ils n’aient pas cédés à la pression de remplir le film avec une intrigue ou des péripéties. Ne se focaliser que sur le vrai sujet : la créature. L’affection pure et sans fard pour la créature.

Même si je dois l’admettre, mon coup de coeur tiens beaucoup au fait qu’elle a un petit air de famille avec la version du Sasquatch que j’ai réalisé pour l’exposition « missing link » de Pictoplasma.

Guillermo Del Toro parle de son goût pour les Kaiju

« Il y a quelque-chose de vraiment pur et plein d’affection (nb : pour les créatures), dans les films de monstre. Et plus encore dans les films de Kaiju »
["There is something very pure and very full of love, in monster movies. Even more so in Kaiju movies"]

Vidéo malheureusement pas sous-titrée français.

Et ils les aiment, ses créatures !
Dans une décennie plutôt médiocre niveau monstre (oui, vous m’avez bien lu. Je développerais peut-être dans un prochain poste) -au grand désespoir des amoureux des monstres tel que votre serviteur- ceux de Del Toro se détachaient vraiment du lot, pour leur originalité et leur personnalité.
Bien sûr on pense tout de suite à la faune du Labyrinthe de Pan. Mais déjà du temps de Mimic on pouvait sentir qu’il ne se contentait pas de façonner des monstres juste pour avoir quelque-chose qui tienne le rôle du truc non-humain sur lequel les gentils tirent, fuient et finissent par détruire dans une énorme explosion.
Même si c’est effectivement exactement ce qui arrive dans Mimic.

Pacific Rim ne fait pas exception et ses Kaiju on vraiment de la gueule.
-Au fait, petit moment de pédanterie : « Kaiju » ne veut pas dire « monstre géant ». Comme l’actrice Rinko Kikuchi l’explique dans l’interview ci-dessus, le mot signifie simplement « monstre » (littéralement « bête étrange »). Pour dire « monstre géant » on dit « Daikaiju ». Et pendant qu’on y est, « Jaeger » ne veut pas non plus dire « chasseur » en allemand. A mon avis ça doit être un genre de référence cachée à « Jet Jaguar » (« Jetto Jagã », comme le prononcent les japonnais) le gentil robot géant de Godzilla vs Mégalon.-

D’abord, ils sont très diversifiés. Comme un des protagonistes l’expose dans le film, chaque kaiju est différent et vraiment unique y compris ceux qui n’apparaissent à l’écran qu’une fraction de secondes. Kaiju crabe, kaiju requin, kaiju lézard, kaiju à tête en forme de lame de hache … C’est bourré de références, balancées de façon furtives.
Mais quand même originaux en eux-même; une animation de très bonne qualité; étrangement crédibles (sans rien dévoiler, à un moment du film on a un aperçu furtif de l’endroit d’où ils proviennent. Et Del Toro est parvenu à les placer dans un contexte cohérent. Ce qu’aucun film de Daikaiju -mis à part peut-être The Host- n’était parvenu à réussir de façon vraiment juste)

Seule petite réserve : Presque pas de jeu au niveau des couleurs. On peut supposer qu’ils ont gardés un thème de couleurs constant pour que les monstres gardent une cohérence dans leurs diversité de forme, mais en s’imposant cette direction ils se sont coupés de beaucoup de possibilités créatives et sans que cela soit, au fond, vraiment nécessaire.
Je veux dire : ce sont des monstres, ils sont géants. Avec quoi est-ce qu’on risquait de les confondre ?

Dernière note à propos du film. Il y a quelques années se murmurait l’adaptation prochaine sur grand écran d’un jeu de plateau appelé Monsterpocalypse dans lequel des monstres géants (certains d’entre eux étrangement familiers …) sont lancés contre d’autres monstres géants et des robots. Plus de nouvelles depuis, mais je soupçonne que ça pourrait faire partie de l’inspiration non dite derrière Pacific Rim. Constatant que le jeu n’est pas crédité, il est tout à fait possible qu’ils aient décidés de s’approprier l’idée sans s’embarrasser de rendre à César ce qui est à César. Ça ne serait certainement pas une première pour les cadres d’Hollywood, qui décidément ne déteste les vols de propriété intellectuelle qu’aussi longtemps que ce ne sont pas eux qui les commettent.

Ixitl

l’Ixitl

Encore une créature perso.
Enfin .. pas si perso.

Étant très fan, entre autre, de la littérature de science-fiction pulp, j’ai emprunté l’Ixitl à « La Faune de l’Espace », mon roman préféré par un de mes auteurs préféré de cette période : Van Vogt.
C’est l’histoire de l’équipage d’un vaisseau spatial d’exploration confronté à des extra-terrestres -vraiment étrangers- et qui cherchent à décrypter leurs mode de vie et de pensée.
Pour pouvoir les tuer, bien sûr.
Si vous aimez les créatures étranges, les histoires où la victoire s’obtient en étant plus malin que l’adversaire plutôt que par la force brute et si vous n’avez rien contre un peu d’inexactitude scientifique, vous allez adorer ce livre.
(Dont le film « Alien » est beaucoup inspiré, d’ailleurs)

Il y a beaucoup de liberté prises par rapport à la description qui est faites dans le livre. J’ai cherché l’inspiration plutôt dans le « ressentis » de la créature que dans la reprise scrupuleuse des éléments qui se trouvent dans le livre, qui me semble encore trop humanoïde pour coller à cet être, effrayant par sa totale étrangeté, qu’est l’Ixitl : L’intangible et solitaire dernier survivant d’une espèce jadis puissante, dérivant sans espoir dans le vide inter-galactique.